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Scandales en série pour Streeteo


Streeteo controle du stationnement payant

Avec la dépénalisation du stationnement payant, plus d'une cinquantaine de communes ont décidé de confier la surveillance du stationnement payant à des sociétés privées. Parmi celles-ci, la plus importante est la société Streeteo qui travaille dans une vingtaine de villes et notamment Paris.

Depuis le début de l'année, Streeteo accumule les scandales essentiellement dans la capitale, mais pas seulement...

De faux contrôles

Le transfert du contrôle du stationnement payant est réalisé avec la conclusion d'un marché public entre la société privée et la ville concernée. Ce contrat de délégation de service public (DSP) impose des contraintes de résultat aux sociétés délégataires et il s'agit en général d'un nombre minimal de contrôle a effectuer sur une période donnée.

A Paris, le contrat stipule que l'entreprise Streeteo doit effectuer 50 000 contrôles par jour. Pour rentrer dans son quota, la société Streeteo a trouver une solution qui lui permet d'embaucher moins de personnel. Elle s'est constituée un listing de plaques d'immatriculation et ces employés entraient chaque jour les mêmes plaques dans le système sans réellement effectuer les contrôles sur le terrain...

Un employé a dénoncé cette pratique en publiant une vidéo sur Youtube ce qui a permis à la Mairie de Paris de ce rendre compte de l'astuce de Streeteo. D'autant plus que dans le même temps, elle a constaté une explosion du nombre de véhicules contrôlés en infraction mais non verbalisés pour divers motifs...

La ville de Paris a réclamé une pénalité de 60.000 € à Streeteo et a exigé que les contrôles soient désormais géolocalisés.

Des verbalisations illégales

Selon RTL, toujours à Paris mais peut-être également dans d'autres villes, la société Streeteo a fait réaliser des contrôles et établir des forfaits post-stationnement (FPS) à des agents non assermentés.

En effet, si le contrôle du stationnement payant peut désormais être réalisé par du personnel employé par des sociétés privées, les agents verbalisateurs doivent être assermentés selon une procédure stricte. Les agents doivent remplir certaines conditions de nationalité, de capacité, de moralité et ils doivent prêter serment au tribunal.

agents verbalisateurs streeteo

Des conducteurs sous cannabis

A Paris comme dans quelques autres villes comme Marseille, le contrôle du stationnement payant est effectué à l'aide de véhicules LAPI qui scannent automatiquement les plaques d'immatriculation pour repérer les véhicules en infraction.

Au mois de janvier, ce sont deux conducteurs de voitures siglées Streeteo qui ont été interpellés par les policiers parisiens pour de multiples infractions. Le premier conduisait sous l'empire du cannabis, sans ceinture de sécurité avec un certificat d'assurance non valide et sans le certificat d’immatriculation du véhicule. Le second a également été contrôlé positif au cannabis et il ne détenait pas de permis de conduire!

voiture radar LAPI Streeteo

Des employés sous pression

Pour pouvoir atteindre les objectifs de contrôles journaliers fixés dans le contrat de DSP, les employés Streeteo sont sous la pression de leur hiérarchie pour réaliser le plus de contrôles possible chaque jour. Les agents sont motivés pour cela par une prime mensuelle d'un montant de 250 euros brut à Paris ou à Strasbourg.

Ajoutez à cela, les prises à partie ou les agressions dont sont victimes les agents verbalisateurs et vous obtenez de nombreuses démissions. A Strasbourg, en à peine deux mois,  ce sont déjà 10 agents Streeteo qui ont jeté l'éponge.

Des erreurs de verbalisation

On ne compte plus les erreurs de verbalisation des employés Streeteo. Par exemple à Alfortville, pendant plusieurs jours, les agents Streeteo ont verbalisé des porteurs de cartes de résidents suite à un dysfonctionnement technique du dispositif de contrôle.

A Paris, c'est encore pire... De nombreux messages postés sur Facebook ou Twitter font état de nombreuses verbalisations alors que le ticket de stationnement était encore valable. Le système informatique de contrôle semble également connaitre de nombreux dysfonctionnement lorsque le paiement du stationnement est effectué via les applications mobiles ou que le véhicule dispose d'un abonnement résident...

Quand ce ne sont pas les agents qui verbalisent des véhicules de police, de la Poste ou des porteurs de carte Personne à Mobilité Réduite (PMR).

FPS abonnement résident

La société Streeteo

La société Streeteo a été créée pour réaliser des missions de contrôle du stationnement payant, de collecte des FPS et de gestion des contestations. C'est une filiale à 100% du groupe Indigo Infra, spécialisé dans les métiers du stationnement.

Mais Indigo Infra est détenu à près de 100% par la société Infra Park SAS qui est elle-même détenue à 100% par la société Infra Foch Topco dont les actionnaires sont, à parts égales, Ardian Infrastructure et Crédit Agricole Assurances à hauteur de 49,2% chacun alors que le solde du capital est détenu par les employés et le management du groupe.

Ardian est une société d’investissement privé indépendante détenue en majorité par ses salariés et Crédit Agricole Assurances est le premier groupe d'assurances en France qui rassemble toutes les filiales assurances du Crédit Agricole.

Jusqu'en 2015, Indigo Infra se dénommait VINCI PARK mais le groupe VINCI qui détenait 24,6% de la société Infra Park Topco a cédé toutes ses parts en 2016 et ne fait plus partie de l'actionnariat du groupe.

Publié le 08 mars 2018

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